Jean-Louis Dubreton est né le 18 janvier 1773 à Ploërmel et mort à Versailles le 27 mai 1855 (ou 25 mai selon certaines sources), son nom figure sous l’Arc de Triomphe, colonne n°35.
C’est un descendant d’une famille locale : son père était Paul Julien du Breton, avocat au parlement de Bretagne et lieutenant du maire de Ploërmel.
L’histoire de Dubreton s’inscrit dans les bouleversements majeurs de la fin du 18e siècle et du début du 19e siècle : Révolution française, Guerre révolutionnaire, Empire napoléonien… Il y joue un rôle actif.
- Il s’engage très jeune, le 1er mars 1790, dans le bataillon auxiliaire des colonies.
- Il gravit rapidement les échelons : lieutenant des garde-côtes, puis sous-lieutenant au 78ᵉ régiment d’infanterie en 1791, lieutenant peu après.
- En 1793, il devient adjudant-major, puis en 1795 capitaine de grenadiers dans la 143ᵉ demi-brigade. Il combat alors dans les armées du Nord puis dans les guerres de la Vendée.
- De 1796 à 1800, il rejoint diverses unités, puis fait campagne en Italie. En décembre 1800, au passage du Mincio, il est blessé.
- En 1801, il est chef de bataillon au 11ᵉ régiment léger. Ensuite, il est envoyé à Saint-Domingue pour participer à une expédition. En 1803, il est nommé colonel malgré les difficultés de cette campagne (il est brièvement fait prisonnier par les Britanniques lors de l’évacuation).
- De retour en métropole, il prend le commandement du 5ᵉ régiment d’infanterie légère, participant aux campagnes en Hollande et en Allemagne.
- En 1811, il est promu général de brigade, puis envoyé en Espagne.
Mais c’est surtout durant la guerre d’Espagne qu’il se fait un nom : en 1812, il commande la garnison de Burgos, et résiste à un siège britannique dirigé par le duc de Wellington — un des rares revers subis par les Anglais dans cette guerre. Malgré une garnison faible (environ 2 000 hommes), il tient la ville jusqu’à ce que les armées françaises approchent, forçant le retrait ennemi. C’est un fait d’armes célèbre. En récompense, Napoléon le nomme général de division le 23 décembre 1812. En 1813, il participe aux campagnes d’Allemagne (batailles de Dresde, Leipzig, puis Hanau), où il se distingue à nouveau.
Après la chute de Napoléon, Dubreton adapte sa carrière
- Pendant la Première Restauration, il reçoit la croix de Saint-Louis et est nommé commandant de la place de Valenciennes. Mais lors des Cent-Jours (retour de Napoléon en 1815), il remet la place au colonel Marbot et refuse de servir l’Empereur.
- À la Seconde Restauration, le roi Louis XVIII le récompense en le nommant commandeur de Saint-Louis, en le créant baron et en lui confiant le commandement de la 5ᵉ division à Strasbourg, puis une autre division.
- Le 5 mars 1819, il est élevé à la Pairie de France : il devient pair de France (membre de la Chambre des pairs), ce qui le place dans la haute aristocratie militaire et politique. Il siège comme membre de la majorité ministérielle.
- Il continue d’exercer des fonctions militaires et administratives sous la monarchie restaurée et même après la Révolution de 1830.
- Il est admis à la retraite comme lieutenant-général le 10 juillet 1831.
- En 1837, il est fait Grand-Officier de la Légion d’Honneur.
Jean-Louis Dubreton incarne la génération de militaires qui ont traversé la Révolution française, l’Empire napoléonien et la Restauration — un parcours complexe, où loyauté, honneur et adaptation politique étaient essentiels. Son nom inscrit sous l’Arc de Triomphe le place parmi les plus grands militaires bretons. Pour Ploërmel, c’est une figure locale prestigieuse, un enfant de la ville devenu général de division, pair de France, héros militaire. Plusieurs ouvrages et travaux d’histoire locale le mentionnent lorsqu’ils évoquent les « enfants célèbres de Ploërmel ».