Description
Statue en bois polychrome datant du 16e siècle, elle provient certainement d’un édifice plus ancien. Sainte Apolline est généralement représentée tenant une pince, instrument de sa torture qui servit à lui arracher les dents, il est fréquent de la voir porter la palme du martyre. La polychromie de la statue donne l’impression que du sang s’échappe de sa bouche, faisant référence à son supplice. Elle est représentée sans ses deux bourreaux, ce qui est plutôt rare. Tout comme l’église Saint-Méen d’Évriguet, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est remarquable par le nombre important de statues en bois (sept) qui la compose.
Histoire
Sainte Apolline vivait à Alexandrie, et est morte en 249. Entre 248 et 250 de nombreux événements se produisent dans l’Empire romain et plus particulièrement à Alexandrie. Philippe l’Arabe, qui régna de 244 à 249 avait une attitude bienveillante à l’égard des chrétiens à tel point qu’il confiait des responsabilités administratives à des évêques. Il périt en 249 dans une bataille contre le général Dèce qui se proclama empereur et régna de 249 à 251 sous le nom de Decius. Il fit arrêter les chefs d’église et martyrisa le pape Fabien en janvier 250. Dans ce climat peu favorable à la religion chrétienne, une révolte éclata à Alexandrie en 249. Des païens pillèrent les maisons de chrétiens et lapidèrent plusieurs fidèles sans l’appui des autorités.
C’est dans ce contexte que, lors d’une émeute, Apolline fut tuée ainsi que d’autres, en 249. Dans une lettre, Denys d’Alexandrie décrit la scène : « Ils se saisirent aussi d’Apolline qui était alors une vierge âgée et très admirable ; après avoir fait sauter toutes ses dents en frappant ses mâchoires, ils construisirent un bûcher devant la ville et menacèrent de la brûler vivante si elle ne prononçait pas, avec eux, les formules de l’impiété. Elle s’excusa brièvement, puis, s’étant un peu reculée, elle s’élança vivement dans le feu et fut consumée. »
© TRIOULAIRE, A. (2008). Sainte Apolline, l’histoire devenue légende, Société française d’histoire de l’art dentaire, p.6-7.