Histoire
La chapelle Saint-Mélec (dite aussi de Notre-Dame des Fleurs), fut le siège d’une trève puis d’une petite paroisse jusqu’en 1791, d’où la présence de fonts baptismaux, d’un cimetière et d’un ossuaire, signes que s’exerçaient les fonctions paroissiales. Fondée vers 1220 par les moines de Saint-Jean-des-Prés (Guillac), la chapelle fut reconstruite au cours du 17e siècle. Le transept fut ajouté en 1716 et 1718. Il contient deux tableaux respectivement datés de 1717 et 1719 : la cohérence entre l’architecture et le mobilier contenu est ici remarquable. Il en est de même du mobilier de la sacristie, parfaitement accordé à la date 1664 portée par celle-ci.
L’église de Pomeleuc était une église tréviale qui n’était que partiellement indépendante de la paroisse mère de Lanouée ; ce statut explique la présence de fonts baptismaux, du cimetière et de l’ossuaire, qui conserve encore de nos jours des ossements. Après la Révolution, l’église perdit son statut paroissial et redevient une simple chapelle.
© Jean-Pierre Ducouret, Inventaire général, ADAGP.
Dossier d’étude d’Inventaire de la Région Bretagne : Dossier d’étude
Église et chapelle tréviale ?
Une des particularités de la Bretagne consiste à disposer d’une organisation ecclésiastique différente des autres provinces catholiques. En effet, les diocèses bretons de la Province de Troisième Lyonnaise (archevêché de Tours ; l’archevêché de Rennes n’a été érigé qu’en 1859) connaissent un échelon supplémentaire, la trève (en breton Trev ou Tréo ou encore Tré), distinct de la paroisse traditionnelle, que l’on retrouve dans tous les autres diocèses.
Lorsqu’une paroisse était jugée trop importante (en raison de sa superficie, les distances à parcourir pour l’exercice du culte étant trop longues, ou en raison de la croissance démographique, les desservants n’étant plus en mesure d’administrer les sacrements à toutes leurs ouailles), le pape, seul habilité à le faire, décidait de démembrer la paroisse et d’ériger en succursale appelée trève un ou plusieurs quartiers. Un lieu de culte était alors désigné. On aménageait une chapelle préexistante ou construisait une nouvelle église, avec fonts baptismaux et salle d’archives.
La seule différence avec une église paroissiale était l’absence d’un curé, le prêtre responsable de l’église tréviale étant subordonné au desservant de la paroisse mère.