Histoire
Né le 14 mai 1744 à Ploërmel, Joseph-Golven Tuault de La Bouverie est l’héritier d’une lignée de juristes solidement ancrés sur le territoire. Avant que la Révolution n’éclate, il s’illustre déjà par une carrière solide : avocat au Parlement de Bretagne, il occupe également la charge prestigieuse de sénéchal du duché de Rohan. Cette position de magistrat influent le désigne naturellement comme un leader local.
L’année 1789 marque un tournant décisif. Élu député du Tiers-État pour la sénéchaussée de Ploërmel, il monte à Versailles pour les États généraux. Homme de conviction mais profondément attaché à l’ordre, il participe activement à la naissance de l’Assemblée nationale et prête le Serment du Jeu de Paume. Durant son mandat à la Constituante, il se spécialise dans les questions de finances et de fiscalité, tout en veillant aux intérêts de sa province bretonne face aux bouleversements administratifs de la France.
Après la dissolution de l’Assemblée en 1791, Tuault de La Bouverie choisit la prudence. Durant les heures sombres de la Terreur, sa modération et ses origines de magistrat royal le rendent suspect. Il se retire dans ses terres bretonnes, occupant des fonctions administratives locales avec une discrétion qui lui permet de traverser la période révolutionnaire sans être emporté par la violence politique.
Le calme revient avec l’ascension de Napoléon Bonaparte. Sous le Consulat, il retrouve le devant de la scène en devenant maire de Ploërmel dès 1803. Sa compétence juridique et son expérience parlementaire lui ouvrent les portes du Corps législatif, où il siège de 1804 à 1810 pour représenter le Morbihan. Il s’adapte à l’Empire, mais son tempérament reste celui d’un conservateur éclairé.
Le dernier chapitre de sa vie se joue lors de la Restauration. Fidèle à ses racines, il accueille favorablement le retour des Bourbons. En reconnaissance de ses services et de sa loyauté, Louis XVIII l’anoblit en 1815, lui conférant le titre de Chevalier de la Bouverie. Il termine sa carrière décoré de la Légion d’honneur, s’éteignant dans sa ville natale le 26 août 1822, à l’âge de 77 ans.
Joseph-Golven Tuault de La Bouverie reste aujourd’hui le symbole de cette bourgeoisie de robe qui a su naviguer entre l’Ancien Régime et la modernité, contribuant à construire l’administration française moderne tout en restant profondément fidèle à ses racines morbihannaises.