Gabriel Deshayes naît le 6 décembre 1767 à Beignon, issu d’une famille simple et croyante, il grandit dans un environnement rural marqué par la foi, le travail et la solidarité.

La Révolution française bouleverse son adolescence : l’Église est persécutée et la pratique religieuse devient clandestine. C’est pourtant dans ce contexte que sa vocation sacerdotale s’affermit.

Après des études irrégulières à cause des troubles politiques, il est ordonné prêtre en 1792, en pleine Terreur — un acte courageux et risqué.

Pendant les années révolutionnaires, l’abbé Deshayes exerce en secret, il célèbre des messes de nuit, accompagne les fidèles et soutient les familles. Après la tourmente, il devient curé d’Auray en 1805. Il s’y révèle un organisateur brillant, un homme de compassion… et surtout un visionnaire de l’éducation.

Constatant la misère éducative dans les campagnes bretonnes, il crée des écoles, recrute des instituteurs, et structure de véritables réseaux d’enseignement populaire.

Gabriel Deshayes est aussi un pionnier dans l’instruction des jeunes sourds, la prise en charge des aveugles, la formation professionnelle pour les enfants pauvres. À une époque où ces publics étaient souvent laissés pour compte, ses initiatives sont révolutionnaires.

Énergique, il contribue à la fondation ou à la restauration de plusieurs communautés religieuses, pour répondre aux besoins sociaux et éducatifs de son époque.

1) Les Filles de la Sagesse

Il en devient le supérieur ecclésiastique en 1810, réorganise l’institut et développe ses œuvres sociales et pédagogiques.

2) Les Frères de l’Instruction Chrétienne (Ploërmel) – 1819

Avec Jean-Marie de La Mennais, il fonde cette congrégation destinée à enseigner dans les campagnes.

3) Les Sœurs de l’Instruction Chrétienne de Saint-Gildas-des-Bois

Il les réorganise et donne à la congrégation une orientation éducative durable.

4) Les Frères de Saint-Gabriel

À l’origine une branche des Frères de Ploërmel, ils deviendront un ordre autonome très actif dans l’éducation à l’international.

Il comprend mieux que beaucoup que l’éducation est la clé du développement humain, et que les plus vulnérables — sourds, aveugles, orphelins, enfants des campagnes — doivent être les premiers à en bénéficier.

Gabriel Deshayes meurt le 28 décembre 1841 à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée).

À travers ses fondations, il est considéré comme un père de l’éducation moderne en Bretagne, un grand artisan de solidarité, et l’un des plus féconds organisateurs religieux du 19e siècle sur le territoire du Pays de Ploërmel.