L’abbé Henri Gillard naît le 3 août 1879 à Montfort-sur-Meu, en Bretagne.
Il entre très jeune au séminaire et est ordonné prêtre en 1903. Dès ses débuts, il se distingue par une grande sensibilité artistique, une ouverture d’esprit rare pour l’époque, et une volonté d’approcher les fidèles autrement. Après avoir exercé dans plusieurs paroisses, il est nommé curé de Tréhorenteuc en 1942, un petit village situé aux portes de la forêt de Brocéliande – ce sera le tournant de sa vie.
Quand l’abbé Gillard arrive à Tréhorenteuc, tout est à reconstruire, l’église est délabrée, la paroisse est désertée, les ressources sont quasi nulles.
Pourtant, il décide de rester, animé par une idée singulière : créer un lieu où se rencontrent christianisme, humanisme et légendes arthuriennes — un pari audacieux, presque révolutionnaire.
Pendant plus de vingt ans, l’abbé Gillard va transformer l’église paroissiale de Tréhorenteuc en un véritable sanctuaire symbolique, mélangeant :
- Récits du Graal
- Symbolisme chrétien
- Références celtiques
- Humanisme universel
Il utilise la quête du Graal comme métaphore du chemin spirituel intérieur.
Il s’adresse aux croyants comme aux non-croyants. Pour lui, la légende arthurienne parle à tout le monde, car elle exprime la recherche du sens, de la lumière et du bien. Cette vision très moderne lui vaut des critiques de la hiérarchie… mais attire des artistes, des poètes et de plus en plus de visiteurs.
L’abbé Gillard vit pauvrement, souvent endetté par les travaux qu’il finance en grande partie lui-même, son obstination transforme Tréhorenteuc.
Il meurt le 20 septembre 1964, à l’âge de 85 ans.